Entretien avec Andreï Makine

Andreï Makine, auteur français d’origine russe, est né en 1957 à Krasnoïarsk en Sibérie. Après avoir obtenu son doctorat ès lettres françaises de l’Université de Moscou, il a enseigné la philosophie et collaboré à une revue littéraire russe, Littérature moderne à l’étranger. Vivant en France depuis la fin des années 80, Andreï Makine est l’auteur de sept romans écrits en français. Parmi eux, Le Testament français a été couronné par le Prix Goncourt et le Prix Médicis.
Monsieur Makine, trois de vos livres ont été traduits en persan. Deux d’entre eux, en particulier Le Testament français sont très appréciés par le public iranien. Malheureusement, ce public n’a pas accès à vos autres ouvrages, car la littérature de la première moitié du XXe siècle est plus connue en Iran que celle de la seconde moitié. Des écrivains comme Sartre et Camus ont beaucoup influencé la littérature iranienne avant la Révolution islamique, ce qui tient en particulier au fait que la langue française était souvent la seconde langue, alors qu’aujourd’hui, elle a été remplacée par l’anglais. Par conséquent, un nombre moins important d’écrivains français contemporains est traduit en persan. Quelle impression cela vous fait-il de savoir que vos livres ont été traduits en persan ?
C’est une grande joie, mais je me sens impliqué. Je me pose la question de savoir pourquoi ce peuple me traduit et que comprend-il de ce que j’écris. Mes livres sont traduits en quarante-cinq langues et je me pose la même question à chaque traduction, en particulier quand il s’agit d’une civilisation lointaine. Je voudrais savoir comment un Japonais comprend ce que j’ai écrit, encore plus qu’un Iranien, car les Iraniens sont beaucoup plus proches de l’Occident. Cette question m’intrigue.
Comment imaginez- vous l’Iran ?
Je vois bien évidemment les Perses. Je vois une civilisation très ancienne et les grands conquérants, comme Alexandre. La première image que j’en ai est donc extrêmement ancienne. Pour moi, l’Iran est comme une chute dans le temps, une machine servant à le remonter. Je connais également cet épisode que tous les Russes connaissent, celui de la mort de l’ambassadeur russe Griboïedov tué par des Iraniens. Après sa mort, le Shâh a offert au Tsar le célèbre diamant “Shâh”. Ce diamant est couvert d’inscriptions en farsi. J’ai appris cette anecdote en France et j’ai vu ce diamant à l’Ermitage, c’est un très joli diamant jaune, de couleur dorée ; et toutes les facettes de ce diamant sont couvertes d’inscriptions. Cela m’a sidéré, je me suis demandé combien de temps il avait fallu pour graver ce diamant. Je connais également une anecdote plus récente concernant la fameuse conférence de Téhéran de 1943, sur laquelle on a d’ailleurs fait un très bon film franco-russe, dans lequel jouait Alain Delon. Un très beau film qui montrait que le destin du monde se jouait alors. Ce film mettait en scène l’histoire vraie d’un tireur envoyé par Hitler, qui cachait son arme dans une caméra et qui devait assassiner tous les conférenciers au moment où l’on prenait les photos.
C’est une histoire vraie ?
Oui, tout à fait vrai. Et on a retrouvé cet agent allemand des années plus tard. Il vivait à Paris, c’était un vieil homme malade qui portait toujours un thermomètre sur lui. Quand on l’a arrêté, il a sorti son thermomètre, on l’a mis en joue, il a dit “Ah, vous voyez, j’ai 39.5°… ” Et il a tiré avec un pistolet qu’il tenait caché. Donc, j’ai effectivement quelques références sur l’Iran, mais il s’agit de références extrêmement romanesques.
Vous avez également un style assez poétique. Dans vos récits, racontez-vous toujours une histoire ?
Je pense que la base du vrai récit est l’histoire. Il faut toujours en raconter une et continuer autrement, mais la base est l’histoire, l’histoire qui nous entraîne.
Si vous étiez invité en Iran, accepteriez-vous ?
Oui. Et je défends l’idée de négocier. Il faut toujours négocier avant de faire la guerre. Les Russes ont énormément souffert de la guerre. Il y a eu vingt-cinq millions de morts russes. Je sais ce que c’est que la guerre, c’est une horreur totale. Il faut négocier pendant des années, de longues années, au lieu de commencer à faire la guerre.
Pouvez-vous nous parler de votre enfance ? Le Testament français raconte l’histoire d’un enfant russe. Et vous êtes russe.
Je suis russe. Je suis l’enfant du Testament français.
Cet enfant est-il tout à fait vous ?
Non, bien sûr. Vous n’avez pas de mémoire à trois ans. Mais vous pouvez inventer. Et c’est la même chose pour vos cinq ans, même si vous étiez déjà un petit garçon, avec deux ou trois souvenirs et une babouchka. Le romancier imagine donc toujours.
Le Testament français est donc une fusion de vérité et d’imagination ?
Vérité et divination plutôt qu’imagination. Je devine certaines choses. Je me dis que j’avais cinq ans dans les années soixante. A l’époque, le pain blanc était rare en Russie. Et je continue à construire mon histoire sur ces indications. Je me dis que peut-être, pour cet enfant, manger du pain blanc était un plaisir. J’essaie de recouper les évènements et de les comprendre.
Charlotte a donc réellement existé ?
Oui. C’est elle qui m’a appris le français.
Depuis quand vivez-vous en France ?
J’ai beaucoup voyagé. J’ai habité quelques temps à New York, j’ai également vécu en Australie et, en France, en Provence.
Vous vivez actuellement en France. La France et Paris ont souvent joué un grand rôle dans la vie des grands auteurs internationaux comme Hemingway, Joyce, Faulkner et Fitzgerald. En Iran, on pense souvent que Paris marque vraiment un commencement pour les auteurs. Qu’en pensez-vous ? Paris a-t-il joué ce rôle pour vous ?
C’est une idée assez juste car il y a une vie assez intense à Paris. Bien que moins intense qu’à l’époque d’Hemingway ou de Sartre et Camus, puisqu’aujourd’hui, il y a cette chose que l’on appelle le “politiquement correct”.
La France vous a-t-elle beaucoup influencé ? Ecriviez-vous avant de venir à Paris ?
Je composais des poèmes quand j’étais jeune.
Effectivement, Le Testament français est très poétique. Ecriviez-vous des poèmes ?
Je me considérais même comme un jeune poète débutant, quand j’avais quinze ou seize ans.
Mais j’ai arrêté car je me suis rendu compte que je pouvais dire en prose tout ce que j’exprimais dans ma poésie. C’est pour cela que mes romans sont très poétiques, avec des descriptions où il y a un souffle, comme si c’était un long poème.
Ecriviez-vous vos poèmes en français ou en russe ?
En russe.
Avez-vous écris des romans en russe ?
Non, j’ai commencé à écrire mes romans en français.
Les littératures russe et française ont été très influencées l’une par l’autre : Nabokov a écrit en français, avant lui, l’œuvre de Tolstoï comporte beaucoup de références à des éléments français. Qu’en pensez-vous ?
Guerre et Paix de Tolstoï, le plus grand roman russe, commence en français. Le livre débute sur une scène se passant dans un salon russe au moment de l’invasion napoléonienne. Les protagonistes sont des aristocrates russes et le français est presque leur langue maternelle. Pouchkine, notre grand poète, a écrit ses premiers poèmes en français. Il n’a pas parlé le russe jusqu’à l’âge de cinq ans. La langue française était très enracinée dans la culture. Elle était quasiment la première langue des aristocrates.
Quel est l’écrivain russe classique que vous préférez ?
J’aime tous les grands classiques. Tolstoï…
Dostoïevski…
Moins, je préfère Tolstoï et Bounine. Ivan Bounine, le grand styliste russe. Qui d’autre ? Gogol, bien sur, Pouchkine, Lermontov… Tous les grands classiques, en fait.
Et lequel vous a le plus influencé ?
Je ne peux pas dire, parce que cela signifierait que j’imite quelqu’un.
Disons qui est proche de vous stylistiquement ?
Bounine, je pense, Ivan Bounine.
Que pensez-vous de la littérature russe contemporaine ? En Iran, la littérature russe classique est assez bien connue et a beaucoup influencé la littérature persane, surtout en raison de l’influence du communisme durant plusieurs décennies.
Pourtant l’Iran n’est pas communiste…
Non, mais avant la Révolution, le parti communiste était un parti très actif et la pensée de Marx attirait beaucoup d’intellectuels. Cela a notamment permis la diffusion de la littérature russe en Iran. Mais aucun, ou très peu d’écrivains russes contemporains sont actuellement connus et traduits en persan.
Il y a un écrivain russe que j’aime beaucoup, qui est mort, malheureusement il buvait trop, comme tous les Russes. Il était pratiquement alcoolique, mais il écrivait très bien. Il s’appelait Serguei Dovlatov. Sa mère était azerbaïdjanaise et il est né à Bakou. Lui-même se sentait tout à fait russe. Il est l’auteur de livres très intéressants et humoristiques. Le lire est pour moi comme lire Tchekhov, mais il est difficile à traduire, car pour le comprendre, il faudrait avoir connu la réalité soviétique. Les jeunes Russes ne le comprendraient plus aujourd’hui.
Pensez-vous que la littérature russe contemporaine puisse un jour devenir aussi riche que la littérature russe classique ?
Il est difficile de juger maintenant. Il faut attendre. Pour ses contemporains, Tolstoï n’était pas un monument, et à l’époque de Tchekhov, ce n’est pas ses œuvres qui avaient le plus de succès. Il faut prendre du recul, un demi-siècle, plus même. Mais bien évidemment, aujourd’hui, il n’y a pas de Tolstoï ou de Tchekhov.
Dans Le Testament français, vous parlez de Marcel Proust. Avez-vous lu l’intégralité de A la recherche du Temps perdu ?
Non, je lis Proust en ouvrant une page au hasard. Peut-être l’ai-je lu en entier, mais par fragments. Je pense que c’est la meilleure façon de le lire.
Qu’est-ce que le français véritable ? Pensez vous que Proust ait montré la langue française dans A la recherche ?
La langue de Proust est très belle et très riche.
Pensez-vous qu’il ait exagéré ?
Il a son style. Bien sûr, il a ses longues phrases, mais c’est son style. Ce qui est formidable chez Proust, c’est que malgré ses phrases très longues, le lecteur ne perd pas le fil et sait toujours où il a commencé. Avec les auteurs contemporains, il y a souvent des phrases très longues, mais qui nous font perdre le fil. Proust avait cet art d’accrocher, il vous tenait accroché et vous le suiviez.
Il y a également de longues phrases dans Le Testament français. Y’a-t-il un rapprochement avec Proust ? Vous a-t-il marqué dans votre travail ?
Il m’a aidé à voir certaines choses. Chaque écrivain est une fenêtre que vous ouvrez sur un livre. Il vous aide à mieux comprendre.
Quel a été l’écrivain français le plus important pour vous ?
Je dirais que c’est Proust. Il y a bien évidemment Flaubert et Balzac. Stendhal également, mais je l’aime moins. Chaque écrivain apporte quelque chose.
Lisez-vous les auteurs français de votre génération ?
Oui, mais je suis un mauvais lecteur. Je lis très lentement, avec toujours un crayon à la main. Je ne lis pas vite, je ne lis pas dans le métro. Mais quand j’ai lu un livre, je peux le citer dix ans plus tard. Parmi les écrivains contemporains que j’ai lus, je peux citer Michel Houellebecq. Son travail est très intéressant. Il y a également Gabriel Osmonde. Je ne connais pas beaucoup d’écrivains. Je pense que l’on publie trop, en France.
Le Testament français a été choisi par l’Académie des Arts et des Lettres comme le plus grand roman de ces cinq dernières décennies. Que pensez-vous de cette distinction ?
Ce n’est pas tant cela qui me touche que l’initiative des Espagnols qui ont publié ce livre dans une série spéciale intitulée “Les classiques du XXe siècle”. Mais je pense que la vraie vie d’un écrivain commence à sa mort. C’est alors que l’on peut parler de lui. Parler d’un écrivain vivant serait comme dire à un architecte que son bâtiment pas encore terminé est très beau. Tant qu’un écrivain vit encore, ce n’est pas terminé.
Vous êtes Russe, mais vous avez longtemps vécu hors de la Russie. Vous définissez-vous avant tout en tant que Français ou en tant que Russe ?
Quand j’écris en français, et j’écris toujours en français, je suis un écrivain français mais la Russie est présente en moi. Je suis un écrivain français mais avec un passé russe.
Vous sentez-vous étranger en France ?
Oui, je reste un étranger. Il y a certaines choses que je ne comprends pas et d’autres que je comprends mieux que les Français. C’est ce regard double qui est intéressant. Si j’étais un écrivain, j’aurais plutôt raconté la vie d’un étranger à Paris, car l’étranger est étonné et regarde intensément, tandis que le Français ne voit rien, il se contente de courir.
Monsieur Makine, quelle est votre grande peur dans le monde d’aujourd’hui ?
Ma plus grande peur est que l’homme se désolidarise des siens, que l’idée de fraternité, l’idée que nous sommes tous frères, qui existe encore aujourd’hui malgré tout, disparaisse complètement. Ma plus grande peur est que l’humanité devienne hostile à elle-même et que la haine envers autrui envahisse tout. Ma peur est de voir l’impossibilité de discerner chez autrui moi-même, de me dire qu’il a mal et que donc c’est moi qui souffre. C’est cela la fraternité. Elle existait en Russie. Nous avions même un mot en russe pour cette fraternité, pour cet ensemble d’humains qui sont tous frères, malgré leur différence.
Ce mot existe-t-il toujours en russe ?
Je pense que les Russes sont désormais très égoïstement capitalistes. Il y a cinq ans, j’étais en visite à Saint-Pétersbourg, que j’avais connue quand j’étais jeune. Il y a dans cette ville une belle perspective, la perspective Nevsky, qui rappelle les Champs-Elysées. Il y avait dans cette avenue un vieil homme couché, sans que personne ne s’arrête pour lui. Autrefois, beaucoup de gens se seraient rassemblés autour de lui pour voir ce qui n’allait pas. Mais aujourd’hui, personne ne s’arrête plus. Il n’existe plus. Ce qui compte maintenant, c’est la somme de dollars que l’on peut gagner.
Etiez-vous gêné d’être là-bas ?
Oui. J’ai vécu dans la Russie soviétique, qui était un pays moyennement pauvre. Mais dans la Russie de mon enfance, un inconnu pouvait frapper à la porte et avoir une place pour dormir, même si la maison était trop exigüe et qu’il devait dormir sous la table. Le régime soviétique n’était pas un régime bon, je ne le défends pas, mais il y avait entre les hommes cette fraternité qui n’existe plus aujourd’hui. Ce qui me terrifie aujourd’hui, c’est que si l’on parle de bombarder un pays, personne ne dit plus qu’il y aura des enfants sous ces bombes. Dostoïevski que vous avez évoqué, a dit “Je déteste toutes les révolutions, tous les changements, tous les idéaux, s’il y a une seule larme d’enfant.” Pour lui, une seule larme d’enfant comptait plus que les révolutions. Qui pense à cela ?
Et quel est votre plus grand rêve dans le monde ?
La survie de l’humanité dans l’ouverture à une vision nouvelle, qui est celle d’un monde où la haine est absente, et celle de la compréhension de notre extrême fragilité. J’ai écrit une pièce au sujet de cette fragilité humaine. Je vais vous poser une question. Vous êtes jeune, c’est intéressant de connaître votre réponse. Une vie humaine dure combien de jours ? Cent mille ? Un million ? Cent millions ?
Un million ?
Vingt mille. Une vie entière dure vingt mille jours. Ce n’est rien. Quel âge avez-vous ?
Vingt deux ans.
Il vous reste treize mille jours. C’est tellement peu. Je posais cette question à mes étudiants à l’époque où j’enseignais, ils me répondaient toujours dix millions, cinq millions, etc. pour la durée de leur vie. Mais elle ne dure que vingt mille jours. De plus, il y a les maladies, le travail qui parfois ne nous intéresse pas, le temps passé à se déplacer, et les huit heures de sommeil qui sont comme une mort. Il faut donc faire le bien et produire de la beauté pour le temps qui nous reste. Mon rêve est que les hommes comprennent soudain cette fragilité, qu’ils comprennent qu’il faut être bon parce que nous sommes si peu de choses.
Quels sont vos cauchemars ? Avez-vous “l’angoisse de la page blanche” ?
Non, je n’ai jamais eu cette angoisse. Elle n’existe d’ailleurs pas, je pense que c’est une expression inventée par les mauvais écrivains.
On ne se demande jamais sur quel sujet on va écrire. Avant de se poser cette question, on réfléchit des années à ce que l’on veut écrire et quand on commence, il y a des brouillons, des préparations, il n’y a pas de page blanche. L’angoisse, le cauchemar serait l’impossibilité de parler. Parfois, j’ai cette impression de ne pouvoir expliquer quand je parle. En écrivant, on pense des heures à chaque mot, à la lecture, les mots arrivent naturellement et le résultat est beau et poétique, mais pour un tel résultat, il faut réfléchir pendant des heures. Quand on parle, il n’y a pas de recul. De là ce sentiment de ne pouvoir s’exprimer, comme s’il y avait une barrière qui empêcherait la communication.
Vous arrive-t-il de vous sentir incapable d’écrire en français ?
Non, il y a uniquement l’angoisse de ne pas être compris quelle que soit la langue.
Quelles sont vos habitudes pour écrire ?
Il faut que le lieu soit très calme, j’écris ici, mais aussi dans une petite maisonnette que j’ai louée au bord de l’océan Atlantique, en Vendée, qui est un joli pays. Ce n’est pas très loin de la Rochelle et il y a le bruit du ressac, c’est un endroit très calme.
Le Testament français a gagné le Prix Goncourt et le Prix Médicis. Est-ce que les prix sont importants pour vous ?
Ils ont de l’importance pour moi, car ils signifient la reconnaissance de la part d’écrivains que je respecte. Pour le Goncourt, il y avait par exemple François Nourissier ou Edmonde Charles-Roux. On peut les aimer ou ne pas les aimer. C’est autre chose. Mais ce sont des écrivains qui sont là et qui ont beaucoup écrit. C’est également important parce que le prix aide le livre à faire face à ses redoutables ennemis, qui sont la télévision, les mass media, internet. Les gens n’ont plus le temps de lire aujourd’hui. Ceux qui lisent forment une toute petite élite de quelques milliers.
Ne rêvez-vous pas de gagner le Nobel ?
Ce n’est pas ma façon de penser. Un jour, j’ai rencontré une très vieille dame, qui était peut-être centenaire. C’était sa fille qui l’avait conduite et sa fille était elle-même assez âgée, octogénaire. Et cette vieille dame m’a dit qu’elle allait perdre la vue et que Le Testament français serait le dernier livre de sa vie. Quand vous entendez ça, vous ne pensez plus au Nobel, vous ne pensez pas au Goncourt, c’est cette réaction qui est précieuse.
Saeed Kamali Dehghan | La Revue de Téhéran | Mars 2009